Les conseillers disposent d’une palette variée d’outils, certains nationaux, d’autres développés localement. Voici les principales méthodes.
1. L’entretien d’accueil, première pierre de l’évaluation
Le premier entretien, souvent sous-estimé, est essentiel pour recueillir des informations sans intrusion. Le conseiller pose des questions ouvertes, observe le langage non-verbal, reformule pour obtenir des clarifications.
- Exemple de question : « Avez-vous des difficultés pour vous déplacer jusqu’à un lieu de formation ? »
- Observation : hésitation à répondre à l’évocation de problèmes financiers.
La confiance s’installe rarement en une seule rencontre. D’où la nécessité d’une évaluation progressive, grâce à la relation de suivi.
2. Les grilles et référentiels
De nombreux réseaux utilisent aujourd’hui des outils de repérage structurés pour objectiver les freins et éviter de passer à côté de certains obstacles. Parmi les plus répandus :
- La « grille des besoins fondamentaux » des Missions Locales : Elle passe en revue 12 domaines de vie (santé, logement, transport, accès aux droits, etc.)
- Le PPAE de Pôle Emploi (Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi) : Intègre une dimension « diagnostic global ».
- Des outils régionaux, comme le DPA (diagnostic partagé de l’accompagnement) en Occitanie : Utilisé par les structures ACI, PLIE, etc.
Ces outils sont régulièrement mis à jour pour intégrer l’évolution des besoins. Selon l’ANSA (Agence Nouvelle des Solidarités Actives), 75 % des conseillers utilisent au moins un outil d’évaluation standardisé pour la mobilité, 63 % pour la santé (Rapport ANSA, 2022).
3. Les questionnaires et auto-évaluations
Certains freins ne sont pas facilement abordés en face-à-face. Des questionnaires anonymes ou à remplir en autonomie sont proposés :
- Besoins sociaux (logement, alimentation…)
- Bien-être psychologique
- Compétences informatiques
Ce support permet de libérer la parole et d’identifier des problèmes peu exprimés, comme l’illectronisme (rapport du Conseil National du Numérique, 2023 : 17 % des moins de 30 ans déclarent mal maîtriser les outils informatiques).