Le Contrat d’Engagement Jeune : un dispositif pour qui, pour quoi ?

Le Contrat d’Engagement Jeune, ou CEJ, s’adresse à toutes les personnes de 16 à 25 ans (jusqu’à 29 ans pour celles en situation de handicap) qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études, et qui souhaitent s’inscrire dans une démarche active vers l’emploi ou l’autonomie. Le CEJ a remplacé la Garantie Jeunes depuis mars 2022, avec une ambition : proposer un accompagnement intensif, personnalisé, et engageant, pour lever les difficultés d’accès au travail. Selon le Ministère du Travail, entre mars 2022 et fin 2023, près de 450 000 jeunes ont débuté un parcours CEJ (source : Ministère du Travail), avec un objectif d’efficacité renforcé : près de 60% des sortants du CEJ accèdent à une solution d’emploi ou de formation dans les 6 mois.


Les grandes étapes de l’accompagnement CEJ

Le déroulé d’un accompagnement en CEJ se distingue par son intensité et son rythme soutenu. Ce parcours est découpé en étapes clés, chacune pensée pour permettre au jeune de progresser à son rythme mais sans décrocher.

1. L’accueil et la construction du diagnostic

  • Premier rendez-vous d’accueil : Le jeune est reçu en entretien individuel par un conseiller référent (Mission Locale, Pôle Emploi ou Cap Emploi selon les situations). L’objectif est de faire le point sur sa situation, ses besoins et ses souhaits. Ce premier contact est déterminant pour instaurer un climat de confiance.
  • Diagnostic global : Un bilan complet est réalisé : niveau scolaire, expérience professionnelle, freins périphériques (mobilité, santé, logement, confiance en soi…), motivations, aspirations. Ce diagnostic sert à poser les bases d’un accompagnement sur-mesure.

2. La signature du contrat et les premiers engagements

  • Signature du CEJ : Le jeune et son conseiller s’engagent par une signature officielle sur des objectifs, des actions à mener et un rythme d’accompagnement soutenu (15 à 20h d’activités hebdomadaires minimum).
  • Elaboration d’un plan d’actions : Un programme d’activités est co-construit, mêlant ateliers collectifs, entretiens individuels, immersions, missions citoyennes, stages, ou chantiers d’insertion, selon la situation et le projet professionnel du jeune.

3. L’accompagnement intensif : rythme, contenus et outils

  • Permanence du conseiller référent : Le jeune dispose d’un interlocuteur unique, clé de voute du CEJ. Cet accompagnement se traduit par des échanges très réguliers (toutes les semaines, voire plusieurs fois par semaine).
  • Activités obligatoires variées : Orientation, ateliers mobilité, techniques de recherche d’emploi, ateliers confiance en soi, coaching, visites d’entreprise, rencontres partenaires, ateliers numériques, forums de recrutement, etc.
  • Actions “terrain” : Ateliers collectifs, stages en entreprise, missions de volontariat, ou encore job dating font partie du quotidien d’un CEJ. L’objectif : multiplier les expériences et rencontres.
  • Suivi au plus près : Le conseiller ajuste le programme, trouve de nouvelles solutions, lève des freins dès qu’ils sont repérés (logement, santé, accès au permis...). L’agilité de l’accompagnement est essentielle.

4. Le suivi, les points d’étape et la sortie du dispositif

  • Bilans réguliers : Tous les 2 à 3 mois, un point d’étape est fait pour mesurer la progression, valider les compétences acquises, réorienter au besoin.
  • Sortie vers une solution durable : Le parcours CEJ s’arrête à la prise d’un emploi, d’une formation, ou d’un engagement citoyen durable. La sortie se fait également lorsque le jeune atteint ses objectifs, ou au bout de 12 à 18 mois, sauf cas particulier.

Le rôle du conseiller référent : un maillon stratégique

L’accompagnement du CEJ repose sur le suivi rapproché par un référent unique. Ce professionnel est à la fois coach, médiateur, réseau, et parfois point de repère quand la motivation flanche. Il assure :

  • L’organisation du parcours, l’enchaînement des rendez-vous et activités
  • Le lien avec les employeurs, les organismes de formation, les partenaires (logement, santé, mobilité...)
  • L’identification rapide des besoins spécifiques (par exemple, un levier pour un accès à la santé ou une formation en présentiel si le numérique pose problème)
  • La mobilisation de solutions individualisées (ex : bons d’aide à la mobilité, mise en relation logement temporaire, partenariat avec PJJ, etc.)
  • L'accompagnement lors de phases de doute, de reprise de confiance, d’encouragement

Selon la ANLCI, près de 80% des jeunes en CEJ en 2023 soulignent l’importance du lien avec leur conseiller pour leur assiduité et leur persévérance dans le parcours, loin devant le contenu des ateliers eux-mêmes.


Quels engagements pour le jeune ?

Le dispositif prévoit que le jeune s’investisse activement dans son parcours.

  • Participation obligatoire à un volume d’activités hebdomadaires : 15 à 20h (en moyenne), combinant présentiel et parfois distanciel
  • Respect des rendez-vous, démarches, consignes données
  • Implication dans la co-construction de son projet : choix d’offres, tests métier, stages
  • Capacité à rendre compte de ses avancées, de ses obstacles, à oser demander de l’aide

La dimension “engagement” du CEJ est d’ailleurs formalisée : absences non justifiées, manque d’assiduité ou arrêt du parcours peuvent entraîner une suspension provisoire, voire la sortie du dispositif, avec arrêt du soutien financier.


Les aides et avantages concrets du CEJ

Type d’aide Description Montant / Précision
Allocation financière mensuelle Versée si le jeune n’a aucun revenu et s’engage pleinement dans le CEJ Jusqu’à 528,70 €/mois depuis 2024 (selon situation familiale, RSA si +18 ans, etc. - source CAF / Pôle Emploi)
Accompagnement personnalisé Un réseau de partenaires en emploi, formation, santé, mobilité Accès à de nombreux ateliers, offres d’emploi exclusives, mises en situation
Aides spécifiques Soutien à la mobilité, à l’achat de matériel, à la garde d’enfant, accès au logement temporaire Sur critères sociaux, sur demande au conseiller
Accès à des dispositifs complémentaires Garantie jeunes, SNU, PACEA, Parcours Emploi Compétences, CIVIS, etc. Adapté à chaque parcours

Exemples d’actions concrètes en Midi-Pyrénées

  • Ateliers sur le territoire : En 2023, la Maison de l’Emploi de Toulouse a proposé plus de 350 ateliers “soft skills”, simulation d’entretien, et découverte des métiers du numérique dans le cadre du CEJ (Toulouse Métropole).
  • Stages courts en PME locales : Des secteurs comme l’agroalimentaire ou l’industrie sont particulièrement mobilisés : dans le Tarn, 48% des jeunes inscrits en CEJ ont testé des métiers agricoles via des immersions “découverte métiers” en 2023 (source : Chambre d’agriculture Tarn).
  • Focus rural : A Decazeville, la Mission Locale a mis en place des ateliers mobilité (atelier scooter, préparation au code de la route), car l’accès à l’emploi passe souvent d’abord par la résolution de ce frein logistique.

Points forts et limites observés sur le terrain

  • Les plus :
    • Un rythme soutenu qui redonne un cadre et du sens
    • L’ouverture de réseau, souvent absent chez les jeunes les plus éloignés de l’emploi
    • Une marge de manœuvre pour agir sur tous les freins (logement, santé, mobilité, confiance en soi…)
  • Des défis persistent :
    • L’intensité de suivi peut être difficile à tenir côté jeune (certains perdent pied sur la durée)
    • Les ruptures en parcours restent fréquentes (1 jeune sur 4 quitte le CEJ avant 6 mois dans certains territoires – Dares, 2023)
    • L’offre d’activités/ateliers est très variable selon les structures et les bassins d’emploi
    • Le passage à l’emploi demeure complexe si les freins sociaux (mobilité, santé, logement, surendettement…) ne sont pas levés en parallèle

Comment maximiser les chances de réussite en CEJ ?

  • Oser parler de ses difficultés : Plus le jeune joue la transparence, plus le conseiller peut ajuster l’accompagnement (par exemple, avouer qu’il est “perdu” numériquement, ou qu’il a besoin d’une aide CAF urgente).
  • Multiplier les expériences concrètes : L’immersion en entreprise, même pour quelques jours, dédramatise l’accès au monde du travail.
  • S’accrocher malgré les échecs : L’échec d’un premier stage ou d’un atelier collectif n’est pas une sortie de route. L’accompagnement permet de rebondir.
  • Impliquer son entourage : Quand c’est possible, partager son parcours avec la famille ou un proche peut renforcer l’assiduité et l’auto-motivation.
  • Miser sur le collectif : Les jeunes engagés en petits groupes avancent souvent mieux : partage d’expérience, entraide face aux démarches, conseils pratiques.

Pour aller plus loin

  • Pour en savoir plus, consultez la fiche officielle sur le Service-Public.fr.
  • De nombreuses Missions Locales et agences Pôle Emploi de Midi-Pyrénées accueillent sans rendez-vous les jeunes souhaitant démarrer un CEJ.
  • Des ateliers thématiques sont régulièrement proposés sur 1jeune1solution.gouv.fr (atelier CV, préparation aux entretiens, découverte des métiers qui recrutent en local).

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