Le Contrat d’Engagement Jeune (CEJ) : un nouveau tremplin pour avancer

Lancé au printemps 2022, le Contrat d’Engagement Jeune (CEJ) a dès le départ affiché l’ambition de s’adresser à tous les jeunes qui rencontrent des difficultés d’accès à l’emploi. Il remplace l’ancienne Garantie Jeunes, en renforçant l’accompagnement personnalisé et la souplesse du parcours. Depuis son déploiement, plus de 350 000 jeunes ont déjà intégré le dispositif en France, selon le Ministère du Travail (travail-emploi.gouv.fr).

La promesse ? Offrir un accompagnement intensif et régulier, sur mesure, avec des ateliers, des expériences professionnelles, une aide financière mensuelle sous conditions de ressources et, surtout, une ligne directe pour franchir les obstacles vers l’emploi durable ou la reprise de formation.


À qui s’adresse le Contrat d’Engagement Jeune ?

Le CEJ cible les jeunes qui cumulent plusieurs difficultés ou qui sont « décrocheurs » au sens large : ni en formation, ni en emploi stable, vivant parfois des situations de découragement ou d’exclusion économique. Mais plus précisément, qui est éligible ?

Les conditions d’âge

  • Avoir entre 16 et 25 ans révolus (c’est-à-dire jusqu’à la veille du 26 anniversaire).
  • Cette limite s’étend jusqu’à 29 ans inclus pour les jeunes en situation de handicap reconnus par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées).

À noter : En-dessous de 18 ans, la signature du contrat suppose l’autorisation du représentant légal.

Les critères de situation : “Ni en emploi, ni en formation” (NEET)

Pour bénéficier du dispositif, il faut se trouver dans l’une des situations suivantes :

  • Ne pas occuper d’emploi durable : cela inclut le chômage, l’intérim ou les petits jobs non qualifiants (CDD courts, missions d’intérim courtes, extras…), mais pas les CDI ou CDD longs ni les emplois dans la fonction publique.
  • Ne pas suivre une formation, une scolarité ou un apprentissage (hors dispositifs courts ou de remobilisation type « prépa apprentissage »).
  • Être disponible et motivé pour s’engager activement dans une démarche d’insertion, ce qui est évalué dès le premier entretien par Pôle emploi ou la Mission Locale.

Des exceptions et aménagements

  • Il est possible de cumuler, temporairement, le CEJ avec une activité réduite ou une formation de courte durée – mais cela doit s’intégrer dans le parcours d’insertion. L’accompagnement reste alors maintenu, à condition que les démarches de recherche d’emploi ou de formation soient poursuivies.
  • Le CEJ peut être suspendu en cas de reprise d’un emploi stable, ou si le jeune intègre un autre dispositif (Service Civique, contrat en alternance, etc.).
  • Impossible de cumuler le CEJ avec d’autres dispositifs financés comme la Garantie Jeunes, mais en pratique cette dernière a pris fin avec la mise en place du CEJ.

Le critère déterminant reste la motivation : le dispositif vise les jeunes désengagés du système, mais qui expriment la volonté de s’impliquer activement dans leurs démarches.


Zoom sur l’aide financière et ses conditions

L’un des leviers d’attractivité du CEJ, c’est l’aide financière mensuelle, nommée « allocation CEJ ». Mais elle n’est ni automatique, ni universelle.

  • Montant : de 200 € à 520 €/mois selon la situation familiale, l’âge et les ressources (service-public.fr), exonérée d’impôt et de CSG/CRDS.
  • Attribuée sous conditions de ressources : les ressources personnelles ne doivent pas dépasser un certain plafond (exemple : RSA pour les jeunes de 18 à 25 ans, sauf si rattachés à un foyer fiscal parent).
  • La somme peut être réduite ou suspendue en cas d’absences injustifiées aux rendez-vous ou en cas de reprise d’activité significative.
Situation Montant maximum
16-18 ans 208 €
18-25 ans 528 €
JEH / MDPH (jusqu’à 29 ans) 528 €

*Montant indicatif – vérifiez selon votre situation et l’évolution de la législation.


Comment s’engager ? Le parcours pour accéder au CEJ

La première étape : le diagnostic d’éligibilité

L’accès commence toujours par un entretien avec un professionnel référent (Mission Locale ou France Travail, ex Pôle emploi). Cet échange vise à :

  • Déterminer l’éligibilité selon les critères évoqués
  • Vérifier la disponibilité du jeune et son accord pour un accompagnement intensif (15 à 20h d’activités par semaine en moyenne)
  • Identifier les besoins, freins, et éléments de motivation

Un diagnostic précis, qui donnera lieu à la signature effective du CEJ… ou à l’orientation vers un autre dispositif si les conditions ne sont pas réunies.

Qui contacter pour faire une demande ?

  • La Mission Locale : principale porte d’entrée pour les 16-25 ans ni en emploi ni en formation
  • France Travail : pour les jeunes déjà inscrits en tant que demandeurs d’emploi
  • Les structures spécialisées pour les jeunes en situation de handicap : Cap Emploi et référents MDPH

Dans tous les cas, aucune démarche en ligne n’est définitive : il est impératif de passer par un entretien présentiel ou visioconférence.


Ce qui change par rapport aux anciens dispositifs (Garantie Jeunes, PACEA…)

  • L’intensité et la fréquence : 15 à 20h d’activités obligatoires/semaine (ateliers, immersions, rencontres d’employeurs, actions collectives…)
  • Des parcours plus souples : possibilité d’ajuster le contenu selon les besoins, plus de personnalisation
  • Droit à l’erreur : la sortie est moins sanctionnée : le CEJ peut être suspendu/repris selon la situation (reprise d’emploi/études, accident de la vie…)
  • Ouverture accrue : le quota de jeunes par structure d’accompagnement a été élargi, surtout en zones rurales ou quartiers prioritaires

Un point clé : contrairement à la Garantie Jeunes, il n’est plus obligatoire d’être complètement sans activité ou sans ressource, du moment que les petits contrats ou missions ponctuelles n’empêchent pas l’engagement dans l’accompagnement.


Quelles sont les situations à la marge ? Cas particuliers à connaître

  • Jeunes accompagnés par l’Aide Sociale à l’Enfance : accès facilité, pas de condition de ressources spécifique, accompagnement renforcé pour les sorties de dispositifs ASE.
  • Jeunes étrangers : accès possible, sous réserve d’avoir un titre de séjour autorisant à travailler et à résider sur le territoire français.
  • Parents isolés : peuvent intégrer le CEJ, avec des adaptations horaires pour la garde des enfants.
  • Jeunes sortant de détention : éligibles également, accompagnement renforcé vers la réinsertion.

Attention : Le dispositif ne s’adresse pas aux jeunes stagiaires du Service Civique, aux alternants (contrats d'apprentissage/professionnalisation) ou aux étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur classique.


Pourquoi être éligible au CEJ fait la différence en 2024

  • Près d’1 jeune sur 5 de moins de 25 ans était concerné par la précarité ou le décrochage scolaire en 2023, selon l’INSEE.
  • Plus de 70 % des jeunes bénéficiaires du CEJ en 2023 ont accédé à une opportunité professionnelle ou à une formation six mois après leur adhésion (source : Dares, Ministère du Travail).
  • En Midi-Pyrénées, parmi les jeunes inscrits en Mission Locale, 27 % ont été orientés vers le CEJ au 1 semestre 2023 (source : Observatoire Régional de l’Emploi).

L’accès au CEJ, c’est un levier pour éviter le rebond énième d’échec – et renouer avec la confiance en soi. C’est aussi l’une des rares mesures actuelles qui intègre rémunération, accompagnement sur mesure et mobilisation des partenaires locaux (entreprises, organismes de formation…).


Quelques conseils pour maximiser vos chances et réussir son entrée dans le CEJ

  1. Anticipez votre démarche : préparez un point sur votre parcours, vos dernières expériences et vos freins avant le premier rendez-vous.
  2. Montrez votre motivation : l’engagement et la participation active sont scrutés d’entrée de jeu. Soyez honnête sur vos difficultés, mais positif sur votre souhait d’avancer.
  3. Pensez à valoriser toutes vos expériences : bénévolat, petits jobs, actions citoyennes… tout compte.
  4. Gardez en tête que l’accompagnement est aussi une co-construction : c’est le bon moment pour demander des mises en relation, découvrir des métiers, tester des stages…
  5. Si vous ne remplissez (plus) les critères : posez la question sur d’autres alternatives (PACEA, accompagnement Mission Locale, dispositifs jeunes majeurs, etc.).

Le CEJ n’est pas une fin en soi, mais un outil d’action. Il vise à donner un cadre, une aide et une impulsion à celles et ceux qui, trop souvent, n’ont d’autres solutions que de “galérer seuls”. Pour plus d’informations et des liens directs vers les structures locales en Midi-Pyrénées, consultez les ressources officielles :


Pour aller plus loin : des opportunités à saisir sur le terrain

Des milliers de jeunes en Midi-Pyrénées ont déjà expérimenté le CEJ, à travers des immersions pro, des stages courts chez des artisans, ou des actions collectives. Dans la région, des initiatives innovantes sont mises en place : par exemple, la Mission Locale Haute-Garonne propose des ateliers métiers en partenariat avec les clusters industriels locaux, tandis que dans le Lot, les entreprises agricoles accueillent des jeunes CEJ plusieurs semaines pour tester des vocations atypiques (source : Mouvement des Missions Locales Occitanie).

Pour beaucoup, le Contrat d’Engagement Jeune est devenu un vrai « billet d’entrée » vers la vie active. Savoir si vous pouvez en bénéficier, c’est une première étape. Ensuite, le vrai chemin commence… et il se construit chaque jour, avec un accompagnement solide et les bonnes infos au bon moment.


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